Test - Skyhill, descente d'un hôtel cauchemardesque

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Rédigé par Seldell, publié le 20/10/2015
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Créé par le studio Mandragora et édité par Daedalic, Skyhill est un roguelite 2D dans une ambiance malsaine, dans laquelle un homme isolé au sommet d'un hotel devra tenter de rejoindre le rez-de-chaussée en vie, après qu'une bombe bactériologique ait transformé tous les vivants en monstres cauchemardesques. L'aventure est-elle à la hauteur de l'idée ?

Skyhill propose au joueur d'incarner un homme bloqué au 100e étage de son hôtel. Avec un système de mort permanente et des étages générés à chaque partie, le titre propose de se frayer un chemin toujours plus bas pour atteindre la porte de sortie de la tour. Malheureusement, des monstres en grand nombre sont présents dans les chambres et n'hésiteront pas à s'en prendre à ce qui semble être le dernier survivant de ce cauchemar.

Plonger dans les ténèbres

Le jeu se composera principalement de deux phases. La première sera l'exploration en elle-même et la seconde la préparation des expéditions dans la chambre VIP du 100e étage. Pour ce qui est des visites, c'est par l'intermédiaire d'un escalier central que le joueur pourra passer d'étage en étage et visiter, s'il le souhaite, deux chambres réparties de chaque côté des marches. Dans celles-ci, il sera possible de trouver de la nourriture et de nombreux matériaux mais également des monstres qu'il faudra vaincre pour pouvoir fouiller les lieux. De l'expérience sera engrangée à chaque fin d'affrontement, permettant de gagner des niveaux grâce auxquels il faudra répartir des points de statistiques parmi quatre. Trois d'entre elles seront uniquement des pré-requis de port d'arme, tandis que la dernière, la précision, augmentera les chances de touche.

De temps en temps, il sera possible de réparer un ascenseur qui permettra de relier rapidement les étages désirés, soit pour retourner à la chambre VIP, soit au contraire pour reprendre l'aventure là où elle s'est arrêtée. Deux barres seront à surveiller durant ses péripéties : celle de vie et celle de faim. A chaque changement de pièce, le héros perdra en effet un point de faim et il faudra régulièrement penser à se nourrir et à avoir de quoi se soigner. Heureusement, il sera possible de se créer des remontants divers dans la chambre VIP.

Préparer son expédition tant qu'elle est possible

Dans la chambre VIP du 100e étage, seul lieu de repos relatif de l'aventure, le joueur pourra crafter diverses catégories d'éléments dépendant des ressources glanées durant les fouilles. Il sera possible de créer des armes, ainsi que de la nourriture, des soins et des composants intermédiaires. Dans le cas des armes, la plupart d'entre elles nécessiteront d'être créées avec des éléments plus ou moins rares et forceront le joueur à avoir des statistiques minimales pour pouvoir être équipées sans malus de puissance. Celles-ci ne se révéleront finalement être qu'une valeur de dégâts, sans variation de gameplay. La nourriture quant à elle comblera davantage l'appétit lorsqu'elle sera cuisinée, de même que les soins seront plus efficaces lorsque combinés.

Dernier aspect du jeu : le lit. Pour remplir la jauge de santé, généralement plus difficile à remonter que la faim, le joueur pourra décider de faire dormir son avatar un nombre d'heures décidées en l'échange de faim. Néanmoins, des événements aléatoires se dérouleront alors, allant de la perte d'un objet volé par une créature à une attaque réussie de monstres infligeant davantage de dégâts. Il faudra alors songer d'une part à améliorer le lit pour limiter les heures de repos nécessaires, mais également renforcer la porte pour éviter les pires situations. Les établis pour crafter pourront également être améliorés pour augmenter le nombre d'objets/recettes disponibles.

Clic, clic, clic...

Skyhill se joue entièrement à la souris. On clique pour indiquer la salle où se rendre, on clique pour fouiller, on clique pour combattre au tour par tour, on clique pour crafter. On serait donc en droit d'espérer que l'intérêt du jeu soit  dans sa variété de situations ou dans des choix stratégiques importants. Ce n'est malheureusement pas le cas : Skyhill est terriblement répétitif et les choix du joueur importent peu. Si la première partie de découverte laissera sans doute un avis assez positif, on se rendra rapidement compte lors des suivantes qu'on clique machinalement sans plus avoir à faire preuve de réflexion. Les seules pauses effectuées seront le temps d'essayer de déterminer quelle arme est la plus adaptée aux statistiques montées à l'aveugle en début de partie, tandis que le reste du temps on entamera un ballet identique à chaque partie.

"Je descends, je fouille à gauche, je fouille à droite, je descends, je tue le monstre (clic, clic, clic), je fouille à gauche, je fouille à droite", voici à peu de choses près la teneur d'une partie de Skyhill. Si le défi et la tension sont parfaitement rendus, surtout vers la fin d'une partie de 2 heures, l'envie de relancer une nouvelle descente n'est pas présente tant on a l'impression d'avoir fait le tour du jeu dès la partie initiatique. Et pour 15€, la sensation aura de quoi être désagréable. Pourtant, le jeu proposera de débloquer en jouant jusqu'à 10 traits actifs et autant de passifs dans lesquels piocher en début de partie, mais ceux-ci ne pourront pas à eux seuls rajouter beaucoup d'intérêt.

trop répétitif
Si la première partie de Skyhill pourra être intéressante dans la découverte du gameplay, on regrettera en revanche beaucoup que le titre devienne monotone ensuite. Les tâches deviendront répétitives et l'envie d'arriver au moins une fois au RDC de l'hôtel deviendra le seul objectif, ne serait-ce que pour découvrir le fin mot de l'histoire proposée. Et si par malchance vous y arrivez dès la première partie, l'investissement pécuniaire risque de rester en travers de la gorge...

Skyhill - Official Release Trailer

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